Une base refaite à neuf pour les 75 ans des Glénans

C’est un petit joyau posé au cœur de l’archipel des Glénans. Au milieu du lagon, relié par un banc de sable à l’île de Saint Nicolas, la base de Bananec vient de faire peau neuve, à l’occasion des 75 ans de l’association, présente sur l’archipel depuis 1947.

Le bâtiment historique en pierre, bien connu des stagiaires, est aujourd’hui habillé d’un bardage en bois et de généreuses ouvertures pour profiter d’une vue imprenable sur le plan d’eau. Les travaux, financés par la Région Bretagne, le département du Finistère, l’ANCV* ainsi que par l’association, ont été réalisés cet hiver, notamment grâce aux bénévoles de l’école mobilisés lors de la phase de préparation.

La mobilisation des acteurs locaux et nationaux

Cette inauguration a rassemblé les principaux acteurs du territoire avec la présence du secrétaire d’État à la Mer, Hervé Berville, du président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais – Girard accompagné d’Anne Galo sa vice- présidente, du vice-président du département Finistère, Alain Legrand, du préfet du Finistère, Philippe Mahé, des députés Annaïg Le Meur et Pierre Karleskind ainsi que de Roger Le Goff maire de Fouesnant. « C’est un grand honneur d’avoir un tel soutien de nos institutions. C’est dans des moments comme celui-ci que l’on mesure l’importance du projet de l’école des Glénans. Nous transmettons notre passion pour la voile mais surtout des valeurs humanistes, de respect de l’autre et de l’environnement depuis 75 ans » souligne Eric Perego, président de l’association.

Gilles Dedeurwaerder / Les Glénans

Un bâtiment autonome

La base de Bananec, qui accueille les stages dédiés aux nouveaux supports tels que le wingfoil ou le catamaran de sport, a été conçue dans l’esprit de l’école de voile, acteur engagé de l’environnement. Comme la majorité des sites des Glénans, Bananec est entièrement autonome. L’énergie est fournie par les panneaux photovoltaïques et l’eau chauffée grâce à un chauffe-eau solaire de dernière génération. Chaque goutte d’eau de pluie est par ailleurs collectée et utilisée pour les douches ou la vaisselle. Pour Éric Perego : « cette dimension environnementale est fondamentale, c’est même notre raison d’être. L’archipel est un endroit exceptionnel et, s’il est dans cet état de préservation, c’est grâce à l’action de l’école depuis 75 ans. Hélene Vianney a été la première à protéger les dunes et depuis, les différents plans de gestion de l’énergie, de l’eau, des déchets et, plus récemment, de l’alimentation ont permis de conserver un site magnifique. »

Une source d’inclusion

Ce nouveau bâtiment s’inscrit dans un vaste plan de rénovation des bases. Au printemps, c’est en effet l’Île d’Arz, dans le Morbihan, qui a inauguré son nouveau site alors que 2023 mettra un terme aux travaux d’ampleur de Fort Cigogne, ancienne base militaire veillant sur les eaux de l’archipel. « Tout l’enjeu, sur un site comme Bananec, c’est finalement de savoir comment proposer le plus haut niveau de confort pour être le plus inclusif possible, être au rdv sur des thématiques d’intimité ou d’accessibilité mais d’exiger que tout ce qui est fait soit cohérent avec les contraintes qui sont là. » explique Tom Daune, Délégué Général de l’association.

Vers une réserve naturelle

L’engagement de l’association va en effet au-delà de l’apprentissage de la voile. Cette année, elle soutient l’action des pouvoirs publics dans la création d’une réserve naturelle nationale, le plus haut degré de protection pour un territoire en France. « Ce classement va permettre de protéger l’ensemble des îles mais également le domaine maritime, ce qui est une nouveauté. Nous sommes très enthousiastes à cette idée. C’est une reconnaissance de la singularité historique de ce site et de la place particulière que l’école des Glénans y occupe » se réjouit Tom Daune.

KISS

Cette inauguration a aussi été l’occasion pour le secrétaire d’Etat chargé de la Mer, Hervé Berville, d’annoncer le soutien du Fonds d’Intervention Maritime (FIM) au projet KISS. KISS, pour Keep it Smart and Simple, est un trimaran polyvalent de 6,60m conçu avec des matériaux écologiques. Inspiré des pirogues à voiles polynésiennes, il navigue ainsi bien à la voile qu’à la pagaie. Ce bateau, conçu en collaboration avec l’architecte naval Benjamin Muyl, peut être fabriqué au sein des lycées maritimes pour faire découvrir aux élèves la navigation, la mer et ses métiers.

* Association Nationale des Chèques Vacances