Dans un an, la Rolex Fastnet arrive à Cherbourg-en-Cotentin !

La plus grande course offshore au monde entre dans une nouvelle ère puisque la Rolex Fastnet Race arrive pour la première fois en France. Dans un an, le 8 août 2021, plus de 350 bateaux s’élanceront de Cowes dans le sud de l’Angleterre. Comme d’habitude, ils feront le tour du Fastnet, au sud de l’Irlande, et reviendront en laissant les iles Scilly à bâbord. Ensuite, pour la première fois en 96 ans d’histoire de la course, les concurrents se dirigeront vers Cherbourg-en-Cotentin, nouvelle ville d’arrivée de la première épreuve du Royal Ocean Racing Club.

Ce changement de lieu est le fruit d’une collaboration étroite entre la ville de Cherbourg-en-Cotentin, la Communauté d’agglomération du Cotentin, le Conseil départemental de la Manche, la Région Normandie et le RORC. Une fois la ligne d’arrivée franchie, les bateaux les plus spectaculaires tels que les Ultims ou les IMOCA seront accueillis au plus près du public, en plein centre-ville alors que le gros de la flotte sera amarré à Port Chantereyne.

Bien habitué à accueillir de grands événements nautiques, de la Solitaire du Figaro au Tour de France à la Voile, en passant par – plus récemment, la Drheam Cup –  le port historique situé au sommet de la pointe du Cotentin, offrira un spectacle et une ambiance de bord de mer d’une ampleur sans précédent.

Réputée dans le monde entier, la Rolex Fastnet est de loin celle qui rassemble le plus grand nombre de bateaux. On y trouve des classes homogènes telles que les Ultims, les IMOCA 60, ou les Class40 mais aussi une foule de monocoques de toutes tailles regroupés au sein de la catégorie IRC. Subdivisée en classes, cette flotte s’étend de 30 à 100 pieds de long avec des équipages internationaux composés de professionnels de renom, de navigateurs amateurs de haut niveau, mais aussi des équipages familiaux formés de purs passionnés pour qui la Rolex Fastnet constitue l’aboutissement d’une vie de marin.

The 2013 Rolex Fastnet fleet leaving the Solent

Une longue histoire franco-anglaise

La France a une longue histoire avec la Rolex Fastnet. Au siècle dernier, c’est Jolie Brise, un bateau havrais – mené par un équipage anglais – qui s’était imposé sur la première édition. Depuis, il y a eu plusieurs grandes victoires tricolores. On retient celle d’Éric Tabarly en 1967, à bord de Pen Duick III ainsi que celle de Catherine Chabaud (Whirlpool – Europe 2) en 1999. Jean-Yves Chateau s’est également imposé, sur l’un des plus petits bateaux de la course (Iromiguy) en 2003.

Depuis le début de la décennie, les Français ont réalisé une incroyable série de victoires. Pascal et Alexis Loison (père et fils) se sont imposés en 2013 – une première pour un équipage double – alors que Gery Trentesaux leur succède deux ans plus tard. En 2017, Didier Gaudoux poursuit cette série qui ne sera interrompue qu’en 2019 avec une victoire américaine.

Le rendez-vous de l’élite

Parmi les vedettes qui participeront à la course en 2021, on retrouve Charles Caudrelier et Franck Cammas à bord du Maxi Edmond de Rothschild dans la classe Ultim. Les spécialistes se souviennent de la dernière édition qui les avait vu s’imposer dans leur catégorie avec moins d’une minute d’avance sur le Macif de François Gabart. « J’aime cette course parce que je pense que la côte sud de l’Angleterre et la côte nord de la Bretagne sont les plus compliquées » explique Charles Caudrelier. « J’aime beaucoup le passage entre Cowes et le Cap Lizard en jouant sur la brise de mer et le courant – c’est très intéressant ». Le skipper d’Edmond de Rotschild est heureux que la prochaine édition se termine à Cherbourg. Il y a fait de nombreuses courses, la dernière en date étant la Drheam Cup, que Maxi Edmond de Rothschild a remportée. « C’est un bon endroit pour la course – très délicat avec beaucoup de courant. Chaque fois que j’y suis allé, c’était un endroit agréable avec des fêtes et des gens formidables » poursuit le marin.

Kevin Escoffier, aujourd’hui à la barre de PRB a terminé deuxième de la dernière édition : « Pour moi, la Rolex Fastnet Race est un événement parfait parce qu’il s’agit d’un mélange de course inshore, de course côtière et de large », déclare Escoffier. « Le départ est un beau souvenir, la côte avec beaucoup de bateaux, beaucoup de courant et vous passez les Needles et cela devient de la navigation côtière et vous avez une belle étape au large du Fastnet. Il faut toujours être très attentif. La longueur de la course signifie qu’il y a toujours un niveau d’intensité élevé ».

L’un des plus grands concurrents sera un autre skipper arrivé depuis peu au sein de l’IMOCA, Charlie Dalin. Son nouvel APIVIA a remporté la Transat Jacques Vabre l’année dernière. « La Rolex Fastnet Race a un héritage énorme et est l’une des courses au large les plus classiques », déclare Dalin. « Vous pouvez avoir des conditions très douces en mer d’Irlande ou des conditions très extrêmes comme en 1979. C’est une course que vous êtes fier de faire et très fier de gagner. C’est comme une longue étape du Figaro et vous voyez beaucoup de d’aspects différents de la voile. Votre navigateur devra rester vigilant, car entre les îles anglo-normandes et Cherbourg, il y a beaucoup à perdre mais aussi beaucoup à gagner ».

Alexis Loison, le grand vainqueur de 2013, est particulièrement heureux que la course se déroule dans sa ville natale. Bien qu’il soit un figariste de renom, Loison préfère participer à la Rolex Fastnet Race au sein de la flotte IRC, où il a été couronné à quatre reprises en double. « C’est une course spéciale. C’est bien qu’elle se termine maintenant à Cherbourg car ils vont faire une très bonne fête. Au Raz Blanchard, la porte des marées peut être ouverte ou fermée, donc, comme à Plymouth, vous pouvez gagner ou perdre dans la dernière heure ».

Le directeur général du RORC, Eddie Warden Owen, conclut : « Nous sommes ravis de travailler avec nos collègues en France, où la course au large est un sport national et où les concurrents peuvent s’attendre à un accueil merveilleux et à une grande hospitalité. Nous souhaitons la bienvenue à tous les marins français, professionnels et amateurs, à la Rolex Fastnet Race ».