Sécurité : Les Glénans équipent leurs hors-bords de cages à hélice

L’école de voile des Glénans a équipé cette année ses bateaux à moteurs de cages à hélice. Cette décision, prise à la suite d’un accident mortel survenu au printemps (voir encadré), est un facteur de sécurité supplémentaire pour les stagiaires, notamment lors des activités de voile légère. Après une expérimentation de six mois sur 16 de ses bateaux à moteur au sein de ses 5 bases, l’école choisit de rendre publiques ses premières analyses.

Tom Daune, Délégué Général de l’école de voile des Glénans explique : « L’amélioration des conditions de sécurité est une problématique majeure et notre démarche est de partager aujourd’hui ce premier retour d’expérience. L’enjeu est de mutualiser une réflexion avec l’ensemble des acteurs de la filière (écoles, constructeurs, institutionnels, …) et de partager les outils qui permettront de prendre les bonnes décisions. Nous n’avons pas la prétention d’avoir la solution idéale mais nous considérons aujourd’hui que les bénéfices résultant de la pose de cages à hélice sont largement supérieurs aux contraintes. Nous avons donc choisi de pérenniser ce dispositif tout en continuant à en expérimenter d’autres. C’est une approche empirique qui nécessite à chaque fois de se confronter à un large panel de situations sur le terrain. On s’inscrit dans le temps long ».

Cette réflexion rejoint les préconisations du rapport du BEA, rédigé à la suite de l’accident, qui recommande aux autorités de « rendre obligatoire (…) l’installation de cages d’hélices. » Le père de la victime milite dans le même sens, notamment par le biais d’une pétition en ligne.

Avantages et inconvénients

L’étude, menée pendant 6 mois sur 16 embarcations opérant sur différents bassins permet de dégager les avantages et les inconvénients d’un tel dispositif. « Ces cages apportent un gain en matière de sécurité, permettent d’évoluer sans risque en intervention et font office de fusible en cas de choc sur le fond ou avec des objets flottants » observe Yann Lenotte, Responsable Technique National des Glénans. Mais l’étude démontre aussi que les cages ont une incidence directe sur les performances des moteurs, en particulier sur les petites cylindrées (< 30 ch). On observe une baisse de la vitesse ainsi que de la maniabilité, deux paramètres décisifs dans le cadre d’une intervention d’urgence.

« Certaines motorisations devront donc être réévaluées pour retrouver une vitesse cible adaptée à des interventions rapides sur les plans d’eau. Il ressort également que le montage doit être fait avec soin et que la fixation des cages par des écrous doit être vérifiée avant utilisation du bateau pour éviter tout jeu qui serait amplifié par les vibrations et altérerait le polypropylène » conclut Yann Lenotte. L’école expérimente également, sur la base de Concarneau, un hydrojet. Ce type de bateau est propulsé par une turbine et non une hélice.

Les embarcations équipées : 16 bateaux avec des motorisations allant de 25 CV à 90 CV suivant les bases et les problématiques locales. 

Le contexte :
Le 28 avril 2019 un stagiaire des Glénans, Stanislas Renard, a été mortellement blessé par l’hélice d’un bateau de sécurité lors d’une séance de kite surf. Pour empêcher qu’un tel drame se reproduise, l’école a pris plusieurs mesures conservatoires. L’une d’elles a été d’équiper tous ses bateaux sécurité de cages à hélice et de chercher des solutions alternatives. Le rapport complet du BEA (Bureau Enquête Accident) est consultable ici : http://www.bea-mer.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/beamer-fr_la_licorne_2019.pdf
 Les mesures urgentes prises par Les Glénans (source : BEA) :

  1. Obligation aux pilotes des embarcations de se raccorder directement au coupe-circuit, sans rallonge. 
  2. Adoption de la règle d’arrêt du moteur au moment de la récupération d’un kitesurfeur. 
  3. Mise en place de cages d’hélice sur l’ensemble des embarcations. 
  4. Arrêt de l’utilisation des embarcations à console équipées de manettes de gaz ne nécessitant pas une double action pour mettre le moteur en prise. 
  5. Interdiction de présence à bord des embarcations d’encadrement des personnes non directement impliquées par les tâches de monitorat. 
  6. Rédaction d’une fiche « Modalités de récupération d’un kitesurfeur » conforme à la méthode préconisée par la FFVL